Bulletin unique : Anges Kevin Nzigou conteste le décret d’Ali Bongo sur le fond et la forme

 

À la suite de la plateforme Copil Citoyen, le candidat aux législatives et aux locales dans le 6e arrondissement de Libreville a introduit devant la Cour constitutionnelle ce mercredi 9 août un recours en annulation du décret signé par le Président-candidat vendredi qui institue notamment un bulletin de vote unique lors de la prochaine présidentielle. 

Anges Kevin Nzigou invite la Cour constitutionnelle à annuler le décret du 4 août 2023 lié au bulletin unique pour l’élection présidentielle à venir. © Gabonreview

 

Signé par Ali Bongo cinq jours plus tôt et publié au Journal officiel, le décret n°0199 du 4 août 2023 instituant notamment l’usage d’un bulletin de vote unique lors de la prochaine élection présidentielle est attaqué devant la Cour constitutionnelle. Après la plateforme Copil Citoyen la veille, le tour est revenu ce mercredi à Anges Kevin Nzigou pour qui cette loi a été prise «en catimini» par un président de la République candidat à son maintien au pouvoir, pour tenter de se soustraire aux critiques. D’autant plus, estime-t-il, que ce décret «renferme une kyrielle de violations» aussi bien sûr la forme que sur le fond.

Si le candidat aux législatives et aux locales dans le 6e arrondissement de Libreville requiert devant la haute juridiction l’annulation de ce texte qu’il juge «inique», c’est parce que celui-ci révèle selon lui «l’instrumentalisation de l’administration de l’État pour des raisons autres qu’institutionnelles par un candidat, pour des motifs purement électoraux», tout comme il démontre «l’incompétence du pouvoir réglementaire à modifier le mode de scrutin et le mode de suffrage».

Sur le fond 

Sur le fond, Anges Kevin Nzigou dénonce la violation du principe d’égalité entre les candidats, l’atteinte grave à la liberté du choix de l’électeur, la création d’un nouveau mode de scrutin et l’inégalité du décompte entre électeurs. L’avocat au barreau du Gabon perçoit d’ailleurs ce décret comme «la preuve de la fébrilité du pouvoir Bongo/PDG qui clame haut et fort vouloir des élections libres, transparentes et apaisées, mais s’emploie à dose homéopathique à organiser des élections au résultat imposé, brumeuses, créant les conditions de tensions électorales».

Convaincu que le décret du 4 août dernier a été pris en violation de la loi électorale et de la Constitution, le requérant présente son initiative comme «une énième invitation à la Cour constitutionnelle, qui a permis qu’un partisan occupe une fonction qui requérait la neutralité, en l’occurrence la présidence du CGE, de démontrer sa capacité à hisser les principes fondamentaux de la nation au-dessus des intérêts partisans et partant, à affirmer une crédibilité recherchée de sa volonté de faire triompher le droit».

 

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