Afrique – Russie : Moscou s’implante progressivement sur le continent

Selon le média malgache «Actualité Houssenia Writing », la Russie pense à créer, avec plusieurs pays africains, une banque commune. Celle-ci permettrait de développer les paiements en monnaies nationales et de réduire la dépendance au dollar américain. Elle favoriserait également la coopération économique dans des domaines clés comme l’énergie, les infrastructures ou l’agriculture. 

L’information viendrait du Burkina Faso. Ce pays de l’Afrique de l’Ouest envisagerait de créer une banque conjointe avec la Russie pour faciliter les transactions financières. Aurait révélé, le mercredi 22 mars 2023, Ousmane Bougouma, président de l’Assemblée législative transitoire du pays. «Je pense que lorsqu’il s’agit de renforcer la coopération avec la Russie dans les principaux domaines de l’économie, il est très important que nous explorions la possibilité de créer une banque conjointe entre la Russie et l’Afrique avec une succursale au Burkina Faso», aurait-il déclaré.

Selon le président du Parlement transitoire du Burkina Faso, la création d’une institution financière conjointe ouvrira la voie à une coopération plus large entre la Russie et les pays africains. Soulignant que cette banque serait « utile » pour le commerce et les investissements mutuels. La Russie serait « déterminée à continuer de construire un partenariat stratégique avec les nations africaines », a aussi déclaré un représentant russe lors de la Conférence parlementaire internationale “Russie – Afrique dans un monde multipolaire”. Selon lui, les intérêts économiques mutuels incluent les investissements, la coopération au sein des chaînes de production, la coopération dans les projets d’infrastructures stratégiques, l’énergie, la médecine, les technologies financières, ainsi que l’approvisionnement traditionnel en céréales et en engrais.

Avec un marché intérieur africain énorme, des coûts de main-d’œuvre bas et une infrastructure en amélioration, il y a une prise de conscience croissante que l’Afrique se développe, même si c’est de manière irrégulière, en tant que marché intérieur, d’exportation et de production. Ce qui manque, cependant, c’est une banque commerciale panafricaine viable. Celles qui existent ont tendance à être sous-capitalisées et soumises à des restrictions du marché local. Le commerce a tendance à être organisé via des banques nationales et régionales où les réglementations financières en place peuvent rendre difficile le transfert d’argent hors du pays.

Cette information vient conforter le fait que l’Europe, principalement la France, perd graduellement en influence en Afrique, principalement les pays francophones, restés longtemps sous la coupole de Paris. Aujourd’hui, avec cette nouvelle ouverture, plusieurs pays du continent pourraient changer de partenaires pour son développement. Déjà, les pays en prise avec le terrorisme dans leurs frontières préfèrent s’adresser à Moscou pour le renforcement de leur appareil sécuritaire, à l’instar du Mali,, du Burkina Faso et de la Centrafrique. Plusieurs Etats africains ont une collaboration très étroite avec la Russie, dont l’Afrique du Sud et l’Algérie. La guerre en Ukraine a été aussi révélatrice sur le plan alimentaire, la Russie étant prête à fournir du céréale et des engrais « gratuitement » au pays africains qui sont dans le besoin.

Il devient évident qu’après la guerre en Ukraine, la Russie pourrait entamer un autre bras de fer avec l’Occident, celui d’une coopération régulière avec l’Afrique. Au détriment des pays occidentaux dont la contribution dans le développement économique et sociale n’a guère porté les fruits escomptés pour le développement réel du continent.

Brandy Mamboundou

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