Libreville, Gabon, le 9 mars (Gabon-infos.com)-Le ministre de l’Intérieur, Lambert-Noël Matha, dans une interview accordée au quotidien L’Union, nous promet de nouvelles cartes nationales d’identité munies de puces électroniques sécurisées. Des cartes infalsifiables et à risque de piratage zéro.

Il a donc fallu attendre des années pour que le pouvoir émergent décide enfin d’établir aux Gabonais des cartes nationales d’identité fiables. Avec la mise en service de ces nouvelles cartes nationales d’identité, les anciennes seront donc frappées de caducité. Les détenteurs d’anciennes cartes nationales d’identité seront donc priés de refaire le parcours du combattant pour l’obtention de ces nouveaux macarons sécurisés. Leur fabrication sera-t-elle fluide et n’exposera pas le demandeur à attendre des années avant de l’obtenir comme c’est le cas d’anciennes cartes ?

Obtenir une carte nationale d’identité de nos jours relève désormais du miracle. Devenu telle une denrée rare, ce macaron d’identification du fait des tracasseries pour son obtention, petit à petit, sortait de nos usages civils.

C’est depuis 2014, en effet, que les forces de l’ordre n’arrivent plus à délivrer la carte d’identité nationale aux Gabonais. Seuls les récépissés, seule alternative, étaient remis aux demandeurs en attendant la délivrance de la carte proprement dite qui, jusqu’ici, demeure hypothétique puisque tout demandeur est condamné à attendre des années durant sans qu’elle ne lui soit remise. Vous êtes condamnés à faire des milliers de tours au commissariat où vous vous êtes fait identifier pour rencontrer les mêmes bouilles patibulaires qui vous donneront la même réponse à vous scier le cul : ’’ elle n’est pas encore prête’’. Vous avez pourtant fait preuve de patience et d’endurance jusqu’à épuisement, mais en vain, finalement vous craquez et vous laissez tout tomber. Vu que ces récépissés n’ont aucune valeur aux yeux des banquiers qui ne les acceptent pas comme pièce identifiant son détenteur, du coup, les usagers qui n’ont que cette pièce d’identité, ne peuvent effectuer la moindre opération bancaire. Ils sont nombreux auxquels ce récépissé cause du tort. Les plus agacés par cette situation sont les retraités qui ne peuvent entrer en possession de leurs pensions. Et, les malheureux crèvent un bon matin sans qu’ils n’aient perçu leurs pensions faute de pièces d’identité. Un réel désastre en somme qui fait de nombreuses victimes. Et nos forces de l’ordre chargées de fabriquer cette pièce et qui, pour expliquer l’absence de macarons disponibles, parlent de panne de machine, ont-elles seulement conscience des dégâts causés ?
Pour contourner la difficulté, nombreux ignorent simplement ce macaron au profit du passeport qui est facile à obtenir. Cette option, malheureusement, a un handicap : elle est sélective par l’argent. Car il faut, pour son obtention, 45 000 FCFA de frais dont il faut s’acquitter auprès des services de la Documentation et du Trésor public. Si débourser pareille somme de nos jours n’est pas chose facile pour le Gabonais moyen, qu’en serait-il des retraités dont certains ‘’touchent’’ à peine 70 000FCFA de pension sinon moins ?

Le Gabon était-il si enfoncé dans une dèche totale au point que ses forces de l’ordre n’arrivaient plus à s’offrir la machine à fabriquer ces fameuses cartes nationales d’identité ? Est-ce que ce pays est sérieux ?

Geneviève Tillue

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